Là où tout a commencé
avril 16, 2026
L’art n’est pas seulement une expression.
C’est un espace.
Un espace où l’on peut :
- déposer
- ressentir
- comprendre
- transformer
Sans jugement.
En sécurité.
Avec douceur.
Mais cet outil, je ne l’ai pas découvert par hasard.
Dès mes 17 ans, j’ai fait le choix d’entrer dans le monde du travail.
Pas par facilité.
Mais par envie de comprendre.
Comprendre le réel.
Aller sur le terrain.
Être au contact de l’humain.
J’ai commencé en Accueil Collectif de Mineurs puis en EHPAD, où j’ai été formée par des femmes profondément humaines, ancrées dans des valeurs fortes.
J’y ai appris l’accompagnement dans sa globalité :
observer, écouter, respecter, comprendre sans juger.
On m’a aussi appris à expérimenter tous les rôles,
à voir l’envers du décor,
à comprendre les complémentarités dans une équipe.
Puis j’ai poursuivi auprès d’enfants en situation de handicap.
Encore une fois, j’ai été confrontée à l’essentiel :
l’humain, dans toute sa vérité.
Je n’avais pas encore tous les diplômes,
mais j’avais déjà cette envie profonde : accompagner.
C’est ensuite dans l’animation que je me suis pleinement engagée.
Par choix.
J’ai travaillé dans différentes structures,
avec différents publics, différentes équipes.
Toujours cette même intention :
apprendre, observer, comprendre.
Comprendre les comportements.
Comprendre les émotions.
Comprendre les dynamiques humaines.
Et c’est là qu’un projet a tout changé.
Un projet simple, en apparence.
Je proposais aux enfants de colorier des mandalas après leurs devoirs.
Juste pour qu’ils puissent se poser, souffler, redescendre.
L’idée était juste de leur offrir un temps calme,
un moment pour redescendre après des journées bien remplies.
Je ne leur demandais rien d’autre que d’être là.
Présents.
Libres.
Puis j’ai ajouté de la musique.
Une ambiance douce.
Et j’ai observé. Très vite, quelque chose a basculé.
Les enfants se sont apaisés.
Ils étaient plus ouverts, plus à l’écoute.
Ils s’entraidaient.
Ils échangeaient.
Ils parlaient de leur vie, de leurs émotions.
Un espace s’était créé.
Un espace sécurisé.
Un espace vrai.
Sans pression.
Sans attente.
Et là, j’ai compris.
L’art n’était pas juste une activité.
C’était un outil.
Un véritable outil de transformation.
À la fin du projet, je me suis retrouvée avec tous leurs mandalas.
Impossible de les jeter.
Ils y avaient mis quelque chose de profond.
Alors je les ai découpés soigneusement.
Je les ai assemblés sur une grande feuille,
comme une mosaïque vivante de leurs émotions.
Et au centre, j’ai dessiné le visage d’une femme métissée.
Comme un symbole.
Comme une unité.
Le résultat m’a touchée.
Les enfants aussi.
L’équipe aussi.
Et à cet instant, j’ai su.
Je tenais quelque chose de profondément humain.
Cette idée ne m’a jamais quittée.
Elle a continué de vivre en moi pendant des années.
Jusqu’au jour où j’ai décidé de lui donner pleinement vie.
Aujourd’hui, je peux l’affirmer :
L’art est un outil puissant.
Un espace de transformation intérieure.
Un espace où l’on peut se rencontrer,
en toute vérité.